Menus déroulants

Affichage des articles dont le libellé est Amélie Nothomb. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Amélie Nothomb. Afficher tous les articles

mercredi 18 février 2015

Métaphysique des tubes d'Amélie Nothomb


Une autobiographie plutôt étonnante qui ma vraiment marquée. J'y repense à chaque fois que je vois une Carpe et, d'insignifiantes, elles sont devenues dégoutantes à mes yeux, c'est fou ! J'ai beaucoup aimé cette narration et cette façon d'écrire si particulière à l'auteure !

Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante. L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant... Avec cette " autobiographie de zéro à trois ans ", la romancière de Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais. 

Une autobiographie de la naissance à 3 ans, il n'y avait qu'Amélie Nothomb et ses excentricités pour y penser. J'en ai aimé l'idée et j'en ai aimé la lecture ! J'avais déjà lu ce livre il y a quelques années, lors de ma découverte de l'auteure, il m'avait marqué. Et bizarrement, depuis, je ne vois plus les carpes de la même façon !

Aujourd'hui, j'ai eu envie de le relire ! Allez savoir pourquoi mais il m'est revenu à l'esprit pendant que je donnais le biberon à ma Petite Elfe fraichement née (3 semaines). C'est étrange mais j'ai parfois l'impression que c'est moi qui décide de la nourrir et non elle qui me le réclame. Et cette image de tube digestif s'est imposée à moi, tout comme ce roman que j'ai ressorti de ma bibliothèque. (Loin de moi l'idée de comparer ma fille à un tube, ne vous méprenez surtout pas !)

Bref, il ne m'a pas fallu longtemps pour en reparcourir les pages et j'ai apprécié cette petite pause lecture passée en compagnie de ma compatriote ! Elle a cette façon d'écrire qui ne me laisse jamais indifférente. J'adore cette narration, ce bébé qui parle et qui se prend pour Dieu, pour le centre de l'attention de tous. Les bambins voient-ils tous la vie de cette façon avant 3 ans ?

Une autre question que je me pose : Mme Nothomb se souvient-t’elle réellement de cette partie de sa vie et de son ressenti de l'époque ? C'est tellement bien écrit, tellement bien raconté qu'on a l'impression d'être dans sa peau, j'en ai été impressionnée. Je n'arrive même pas à trouver les mots pour décrire ce que je ressens. Elle ne met pas de gants pour s'exprimer, c'est assez... Touchant je dirais (ce mot n'est pas assez fort mais je n'en trouve pas d'autre pour l'instant). C'est un récit (et des mots) qui marque. En tout cas il m'a marquée moi...

Bref, du pur Nothomb ! Je le conseille aux fans de l'auteure qui ne l'auraient pas encore lu. Quant aux autres... à vous de voir car je sais qu'Amélie, on aime ou on n'aime pas. Je ne pense pas qu'il y ait de demi-mesure !

Ma note : 3,5/5 (Bien)

Quelques citations :
- Le regard est un choix. Celui qui regarde décide de se fixer sur telle chose et donc forcément d'exclure de son attention le reste de son champ de vision. C'est en quoi le regard, qui est l'essence de la vie, est d'abord un refus.
- Le seul mauvais choix est l'absence de choix.
- Sans moi, ce chocolat est un bloc de rien. Mais on le met dans ma bouche et il devient le plaisir. Il a besoin de moi.
- Mais je persiste à penser que la meilleure raison, pour se suicider, c'est la peur de la mort.

lundi 16 juin 2014

Acide sulfurique de Amélie Nothomb

Un roman assez court qui fait réfléchir sur la société dans laquelle on vit. Société qui n'hésites pas à créer des jeux de téléréalité tous plus abjects les uns que les autres. Une lecture que j'ai beaucoup appréciée et que je conseille à tout le monde ! Ca ne fait de mal à personne de remettre en question notre bonne vieille société adorée !  
Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle.
Cette lecture est pour moi une relecture puisque "Acide sulfurique" fût mon premier livre d'Amélie Nothomb. J'avais, à l'époque était séduite par la couverture que je trouvais très jolie, très esthétique. J'en ai apprécié l'image et les couleurs. Ensuite cette phrase intriguante en 4ème de couverture "Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle". Je ne savais absolument pas de quoi ce livre allait parler et pourtant, j'avais très envie de le lire !

Et aujourd'hui, en ayant gardé un bon souvenir, j'ai eu envie de me le remettre en mémoire afin de pouvoir vous en donner mon avis.

Ce roman est une merveilleuse critique de notre société créatrice de programmes de télé-réalité en tout genre. Certes, Amélie Nothomb va un peu loin en imaginant une émission nommée "Concentration" (ayant le même principe que les camps du même nom, imaginés par Hitler), mais dans le fond, elle a raison, nous n'en sommes pas si loin après tout quand on voit ce qui s'invente maintenant ! Au plus ça choque, au plus ça fait d'audience ! Nous, humains, sommes curieux. Voir le malheur des autres nous réconforte...

Ici, il faut avouer que ça va loin ! Si au départ, ce sont les "Kapos" qui décident chaque jour qui doit mourrir (selon différents critères), la donne change lorsque le public est appelé à contribution. Et oui, c'est ça la démocratie ! De chez vous, avec votre télécommande, vous pouvez décider qui envoyer à la torture ! Elle est pas belle la vie ?! Cette personne ne vous reviens pas ?! Votez contre elle, c'est si facile !

Et oui, et même ceux qui s'insurgent face à une émission aussi ignoble ne peuvent s'empêcher de regarder. "Pour voir jusqu'où ça peut aller". Et oui, on critique, mais on regarde quand-même. Faut bien avoir un sujet de discution pour la machine à café, non ?! Et oui, comme elle est bien faite notre belle société ! On ne sait plus jusqu'où aller pour divertir !

Mais qui est en cause ici ? Les créateurs de l'émission ? Le gouvernement qui laisse faire ? Le public qui regarde ?! Je pense que chacun a son idée sur la chose, mais honnêtement, vous croyez qu'une émission qui ne fait pas d'audience va continuer ?! J'crois pas non... Les coupables sont vites trouvés, même si tout le monde se renvoie la balle !

Bon, à côté de ça, notons le côté humain mis en évidence dans le camp même. L'épreuve soude. Les prisonniers se rapprochent pour essayer de supporter la vie qu'ils mènent. J'ai été touchée par la relation entre Zedna (qui est kapo) et Pannonique (prisonnière). On sent que quelque chose se passe et au fil des pages, on se demande comment ça va évoluer. J'ai d'ailleurs été ravie de la tournure des choses entre ces deux personnages.

Amélie Nothomb nous donne ici aussi l'importance d'un nom. Il nous porte autant qu'on le porte. Notre nom, c'est notre identité. Nous le retirer, c'est déjà une façon de nous déshumaniser.

En bref, une lecture facile et courte qui fait réfléchir sur plus d'un point !
A lire sans hésitation !!!

Quelques citations :
- Vous savez bien que le programme télévisé est souvent l'unique conversation des gens. C'est pour ça que tout le monde regarde les mêmes choses : pour ne pas être largué et avoir quelque chose à partager.
- Ne baisse pas les bras : tu risquerais de le faire une heure avant le miracle.

Ma note : 4/5 (Très bien)

Livre lu dans le cadre du challenge "E-Challenge, passons au numérique (1)"

mardi 5 novembre 2013

Barbe bleue d'Amélie Nothomb

On retrouve ici encore le pure style d'Amélie Nothomb et j'ai beaucoup apprécié de me retrouver encore devant un personnage tordu et une fin originale. J'aime également le prénom qu'elle a donné à son héroïne, ça n'est pas courant et ça ne manque pas de charme ;-)

Saturnine, jeune professeur belge à l'École du Louvre, répond à une annonce de colocation plutôt avantageuse et se retrouve chez l'aristocrate espagnol Don Elemirio Nibal y Milcar. Les rumeurs circulent que les jeunes femmes ayant cohabité avec lui ont toutes disparu. Saturnine ne se laisse pourtant pas influencer et fait face à cet homme dont elle n'a pas peur. Il faut dire aussi que le logement en vaut la peine.

Dans ce roman, pas de chichi... Don Elemirio choisi Saturnine dès qu'il la voit ! Et on entre directement dans l'histoire. Dès le premier soir, il invite sa nouvelle colocataire à manger avec lui et c'est parti pour des dialogues soutenus entre nos deux protagonistes. L'interdiction d'entrer dans une pièce pourtant non verrouillée éveille la curiosité de notre héroïne qui, n'ayant pas envie de transgresser la seule règle, préfère poser des questions afin de découvrir ce que son hôte cache. 

Comme souvent chez Amélie Nothomb, ce livre est principalement construits de dialogues et ceux-ci ne manquent pas de piquant ! La structure est assez facile, chaque soir un repas les confronte et entre deux... pas grand chose. Amélie ne se perd pas dans les détails et je dois avouer que ce genre de lecture fait du bien une fois de temps en temps.

J'ai apprécié de retrouver un personnage plutôt "immoral" en Don Elemirio, puisque vous n'êtes pas sans vous douter qu'il a bel et bien quelque chose à voir avec la disparition de ses huit colocataires précédentes. J'ai aimé les tournures que prenaient les choses et j'ai trouvé le déroulement plutôt intéressant et original. Amélie Nothomb ne manque assurément pas d'idée et c'est ce que j'aime chez elle, elle n'hésite pas à sombrer dans l'immoral et le tordu !

Bref, un petit roman que j'ai trouvé bien sympathique à lire, une petite pause entre deux pavés ;-)

Ma note : 3,5/5 (Bien)